lundi 24 août 2015

Diplomatie économique : L'atout France

Un ambassadeur – Un entrepreneur

Dans le cadre de la Semaine des ambassadeurs, le Quai d’Orsay organise demain, le premier speed-dating entre ambassadeurs et entrepreneurs. L’objectif : le soutien des entreprises françaises à l’international en permettant à des entrepreneurs (PME - ETI) de rencontrer en direct les ambassadeurs des pays où ils souhaitent se développer. Le ministère des Affaires étrangères est bien devenu celui du développement international.
Cette dynamique dépoussière « le commerce extérieur » tel qu’il était pratiqué par Bercy :
Un tel transfert de compétence d’un ministère à l’autre, opéré l’an dernier, est une opération délicate. Et pour le coup, réussie selon les observateurs de tous horizons. La personnalité de Laurent Fabius, poids lourd du gouvernement, y est pour beaucoup. Son expérience d’ancien ministre des Finances aussi. Il était ainsi convaincu que l’avenir est à la diplomatie économique. Et qu'à la vision statique du commerce extérieur devait se substituer une approche dynamique (honneur à la PQR : un bon article de l'Aisne Nouvelle à ce propos).

Ce travail de soutien et d’influence accompagnant les entrepreneurs dans la conquête de marchés à l’international était indispensable : il s’appuie sur le 3ème plus grand réseau diplomatique du monde (derrière les U-S et presque au coude à coude avec la Chine). Un tel atout ne pouvait être négligé !

Synergies public - privé

Ce type d'événement, qui se veut très opérationnel, dans son esprit et dans sa forme (speed-dating est bien le terme utilisé par le ministère) peut contribuer à modifier les rapports entre les entreprises et l’Administration (à dessein avec une majuscule, selon l’esprit états-unien) : gommer ce clivage public – privé selon lequel chacun devrait s’enfermer dans des postures... Créer les synergies comme l’Amérique sait le faire.

Cette dynamique se poursuivra le lendemain par une réunion sur la COP21. Car là aussi, le ministère des affaires étrangères et du développement international entend bien jouer tout son rôle.

La diplomatie d’État rencontre ainsi la stratégie de développement des entreprises à l’international. 
« L’entreprise France » prendrait-elle corps ? Du chemin reste sans doute à faire mais on est sur la voie. La prochaine conquête : peut-être celle des esprits – et des cœur de tous bords – pour que notre modèle social si envié à l'extérieur, et que porte le prix de chacun de nos produits, puisse perdurer.



Sur l'élargissement de la sphère couverte par le MAE dans le domaine économique, lisez cet article sur les bulletins de veille scientifique et technologique.