vendredi 7 août 2015

Bulletins de veille scientifique et technologique : la fin d'une histoire




L’ADIT ne diffuse plus les bulletins de veille scientifique et technologique des ambassades de France depuis le 25 juin.
C’est un véritable tournant qui porte 2 symboles : la fin d'un temps pour l'ADIT (dont le capital va évoluer - cf. infra) et la place de plus en plus importante occupée par le Quai d'Orsay dans le champ économique.

Ces bulletins ont été LA raison d’être de l’ADIT.

Car, l'Agence a été créée par décret en 1992 pour assurer la diffusion de l’information d’intérêt scientifique et technologique, principalement collectée par le réseau des attachés scientifiques des ambassades de France à l’étranger.

Ces bulletins de veille, connus sous le terme de bulletins « électroniques » (le terme étonne aujourd’hui mais il faut le replacer dans le contexte de l’époque), ont été consciencieusement exploités par les veilleurs de tous poils.

Ils sont une véritable mine d’or pour qui prend le temps de les exploiter. 
Il sont dorénavant disponibles à cette adresse. C’est le Ministère des affaires étrangères et du développement international qui en assure logiquement la collecte, le classement et la diffusion.

Un exemple d'événement organisé par le Quai d'Orsay


Le MAE conforte encore un plus la place qu'il prend - à juste titre - dans la diplomatie économique et le soutien aux entreprises à l'international.

L'ADITECH, aux sources de l'IE à la française

Avec les bulletins électroniques, on peut remonter plus loin dans l’histoire de l’intelligence économique française : l’ADITECH, association Loi 1901 est l’aïeule de l’ADIT. Elle avait été créée dans les années 80 sur proposition du Centre de prospective et d’évaluation du ministère de la Recherche et de la Technologie d’alors. Avec cette volonté de permettre aux entreprises françaises de disposer de l’information stratégique qui, avant l’ère Internet, était moins disponible qu'elle peut l'être aujourd'hui.

L'ADIT, entreprise privée et outil stratégique


L’abandon des "BE" par l’ADIT rappelle que « l’agence » d’antan est devenue une entreprise. Une entreprise stratégique dans laquelle l’État a gardé 34% du capital. 
Dynamique, elle a été à l’origine de la création en 2014 de l’Alliance Européenne d’Intelligence Stratégique  (regroupant 10 cabinets européens d’intelligence économique) et d’une filiale Entreprises et Diplomatie, confiée à l’ambassadeur Bruno Delaye. 
Les Échos ont tout récemment rapporté - voir ici - des évolutions à venir dans le capital de cette entreprise un peu particulière, leader européen sur son créneau dont les plus grands clients sont au CAC 40.