vendredi 24 juillet 2015

Véhicule connecté : Faisons souffler un esprit pionnier !

La Google Car
Plus de la moitié des conducteurs sont prêts à lâcher le volant et les pédales. La R&D avance à grands pas. La question n’est plus de savoir si un jour les voitures particulières se conduiront toutes seules mais quand. Et bien évidemment, comme pour toute innovation de rupture, la prime au premier présent sur le marché sera déterminante. Les challengers ne feront que suivre. Comme ça été le cas pour l'internet et l'économie numérique où l'Europe peine à trouver sa place... 

Un pont existe d'ailleurs entre les deux mondes : Google, qui nous guide dans nos recherches internet, qui nous guide sur nos routes avec Maps, investit massivement dans la voiture autonome. Il espère bien un jour nous conduire à destination "les yeux fermés".


Destruction créatrice

Le véhicule connecté, avec la question de l'énergie, connaîtra sa phase de destruction créatrice que Schumpeter a conceptualisée. On ne vendra plus seulement des voitures (si on en vend encore) mais des services associés. Et tout l'éco-système de transport s'en trouvera modifié, jusqu'au réseaux routiers.

La France a des atouts à faire valoir : 


  • Une industrie automobile dynamique (peu de pays au monde demeurent dans la course et les américains eux-mêmes ont failli la perdre, ce qui assurément a été un aiguillon dans leur engagement technologique). 
  • Un pôle de compétitivité « Véhicule du futur » regroupant industriels, universités, acteurs institutionnels et territoires, en lien avec plusieurs autres pôles dont Mov'eo qui regroupe Renault et PSA. Mais aussi avec nos amis allemands, toujours très investis dès lors qu’il s’agit de voitures.
  • Et puis c’est tout de même un français, Jean Todt, qui est à la tête de la Fédération Internationale de l’Automobile. On se plaint si souvent que ce soit les anglo-saxons qui trustent les postes d’influence. 

Malgré ces atouts, cette news m’interpelle : 



L’université du Michigan vient de faire sortir de terre un environnement urbain et périurbain de 16 hectares entièrement conçu pour le développement de l’automobile autonome. Il est d'ores et déjà opérationnel. Voyez cette vidéo :




Le Michigan, avec 375 centres de recherches et la plus forte concentration d’ingénieurs « automobile » des US, revendique un leadership mondial sur le sujet. L’État est très investi. La structure du Mobility Transformation Center ressemble beaucoup à nos pôles de compétitivité (partenariat public - privé - université, également ouvert à l’international). L’objectif : lancer 20.000 véhicules connectés sur les routes du sud-est du Michigan.

La planification, certainement stratégique, n’est pas clairement annoncée. Parce que lorsqu'on pourra faire rouler 20.000 véhicules, on ne sera plus dans la R&D : On tiendra le business model. 

Encore un atout pour la France :



A ce propos, la France sera l’organisatrice de l’ITS  au mois d’octobre à Bordeaux. C’est LE salon mondial du transport intelligent. A n’en pas douter, les acteurs tricolores concernés sont mobilisés. (toutefois la comparaison entre le site français et le site canadien  - le Canada est l'organisateur de l'ITS en 2017 à Montréal - est édifiante - En plus les canadiens francophones ont fait un site... en français, pas la France). 

Je ne vois pas dans notre beau pays ce souffle d’aventure, cette envie de gagner, cette union des forces ! bref ce bel esprit pionnier qui mobilise le Michigan (à peine 10 millions d’habitants, tout de même bien aidés par la puissance fédérale). Ils veulent dominer le marché - mais aussi un peu le monde. C’est l’esprit de compétition qui les guide et qui peut les aider à gagner... Ils ont raison !

Ici, on nous parle de tout ce qui ne va pas (et il y a de quoi...) mais pas de l’ITS à Bordeaux.
Peut-être même qu'un adepte du principe de précaution saura nous rappeler "que c'est dangereux de lâcher le volant". Et appuiera sur le frein.

Avec une pelle, les pionniers creusent des fondations ; les déprimés une tombe... Devenons pionniers !