mardi 28 juillet 2015

Cap sur le Big Data !


« Le Big Data est l’Eldorado du XXIème siècle ». Qui y a-t-il derrière cette affirmation qui tourne au lieu commun ?

Le Big Data – ou megadonnées – recouvre une infinité d’usages : de l’anticipation des comportements de consommation à la prévision des catastrophes naturelles en passant par la prédiction des infractions par la gendarmerie, le traitement de la datamasse en est à ses balbutiements. Et c’est bien pour cela que le sujet est stratégique :

Le Big Data : Un marché gigantesque

Avec 15 milliards d’objets connectés aujourd’hui, 75 milliards en 2020, un volume qui double tous les 2 ans, l’exploitation commerciale du Big Data s’affirme comme un enjeu majeur des deux décennies à venir. Mais il faut surtout y ajouter les 3 milliards d’internautes, chiffre qui devrait être atteint cette année (soit plus de 40% de la population mondiale). 3 milliards de consommateurs, ça fait forcément rêver si on arrive à anticiper leurs désirs.
Car le Big Data a cela de stratégique : il permet d’anticiper, de prédire. 


En cela, sa nature en fait une question totalement connectée à l’intelligence stratégique. Si l'on ajoute que le chiffre d'affaire mondial pour 2016 est estimé à 25 milliards de dollars et que le taux de croissance devrait être durablement à deux chiffres, la mobilisation devrait être au rendez-vous.

Mais la complexité de la question, normative et technique notamment, est à la hauteur des bénéfices attendus. Elle pourrait conduire à prendre du retard en terme d’engagement car le ROI risque de ne pas être immédiat...

Les GAFA, à l'origine du Big Data

D’autant que les GAFA, par construction, sont déjà armées pour traiter le sujet. Les GAFA et d’autres... comme Palantir, spécialisée dans l’analyse de données dont les deux clients les plus importants sont la bourse de New York et la CIA. C’est LA start-up la plus valorisée des États-Unis. Elle aurait réalisé une levée de fonds de 500 millions de dollars et en vaudrait maintenant 20 milliards... Sa promesse ? La maîtrise du Big Data !

Ceux qui domineront l’exploitation du Big Data à 10 ans disposeront d’un avantage concurrentiel majeur et durable. Parce que le monde sera leur client !

L’intention, pour la France et l’Europe, est de ne pas subir un nouveau retard sur cet enjeu comme cela a pu être le cas pour l’Internet.

Des entrepreneurs français frileux ?

Pourtant, plusieurs sondages et enquêtes traduisent une certaine frilosité européenne et singulièrement française : Une enquête conduite dans 11 pays, rapportée par Le Monde Informatique, montre qu’en France les entreprises mobiliseraient moins leurs équipes et leurs investissements sur le Big Data ; dont elles auraient aussi une perception moins optimiste que le reste du monde. Et le récent sondage Opionway pour L'Express - L'Expansion confirme cette orientation (72% des chefs d'entreprises interrogés voient dans le big data un effet de mode qui n'apporte rien de vraiment nouveau !!  34% ignorent ce qu'il est vraiment)


Pourtant la France a de sérieux atouts à faire valoir :

  • Pour les grandes entreprises, Capgemini et le déploiement de technologies analytiques, Thales très engagé sur le sujet ou Orange qui investit dans le cloud
  • Mais aussi de nombreuses start-up et TPE créées par de jeunes ingénieurs nés avec l’ère numérique,  des FinTech à la modélisation des océans...
  • L’excellence française dans le domaine des mathématiques, deuxième nation pour les médailles Fields derrière les États-Unis (indispensable au Big Data : modélisation, systèmes dynamiques, statistiques et probablités...)
  • La maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur pour les supercalculateurs voir ici - et peut-être l’accès au Graal que sera l’ordinateur quantique (que Google veut fabriquer seul)
  • Le pôle de compétitivité Cap Digital : 790 PME, 60 grands groupes, 77 écoles et universités et 14 investisseurs en capital !
  • ...
Mais quels que soient nos atouts, il nous manque tout de même ce qui est essentiel : les données ! Nous serons encore pour longtemps les clients de l’unique fournisseur qui les détient : les États-Unis. Et on sait les conséquences sur le prix lorsqu’il n’y a pas d’alternative pour se fournir. 

L'importance de l'intelligence normative

Mais nous avons une arme : les CNIL européennes dont la CNIL française a été le précurseur. Cela s’appelle l’intelligence normative. Et là, nous sommes en pointe ! Et nous avons un atout qui s'appelle l'opinion publique. Peut-être même le consommateur américain (qui, selon l'étude universitaire rapportée par Les Echos " trouvent profondément déséquilibrées les offres d’échange services contre données personnelles " qui leur sont proposées).

Pour un focus sur la maturité des entreprises françaises dans l'exploitation des données clients, consultez cette étude très documentée d'Ernst & Young (cliquez sur l'image) :
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