samedi 27 juin 2015

Le veilleur et sa VRAIE communauté



Le 9 juin a eu lieu Veille Connect : un événement organisé dans plusieurs villes de France depuis quelques années. Son objectif : réunir des professionnels de la veille qui échangent et réfléchissent sur leurs pratiques, les évolutions et plus généralement ce qu’est l’intelligence économique.

L’article publié à la suite de cet événement par Frédéric Martinet sur actuligence.com intitulé « Droit d’auteur, kryptonite du veilleur » pose la question de savoir si la veille est une activité légale. C’est bien sûr un raccourci auquel il répond ne pas pas avoir vu en 15 ans « un seul projet de veille qui soit 100 % conforme à la législation relative au droit d’auteur ». C’est la question de l’information « pompée ».

Son constat est probablement exact. Le veilleur collecte beaucoup, aspirant parfois la totalité d’une source et du coup contrevenant au droit d’auteur (qu’il peut en plus « omettre » de bien citer s’il n’y prend garde avec toute les conséquences que cela a, car une information n'est pas un contenu, mais bien ce contenu ET sa source). 

Mais la veille n’a pas pour finalité de collecter de l’information. Sa finalité est de fournir des éléments d’éclairage voire d’orientation pour la décision qui sera prise par le chef d’entreprise, le patron de business unit, le service Achat... La veille, dont la collecte d’éléments d’information fait partie, ne paraît prééminente que parce que c’est souvent là que l’énergie se focalise. 

Mais c’est en fait la gestion de la complexité qui est en jeu : de multiples éléments, parfois à l’état de simples indices qui, par mise en perspective, comparaison, analyse et processus itératifs... deviennent de la connaissance, une connaissance nouvelle. Non pas la reprise d’un existant.

La veille est le moyen, la création de sens en est la finalité. 


Cela concerne toute l’entreprise, comme organisation humaine, où la veille est à l’œuvre. Le veilleur, qui souvent connaît bien ses outils, doit moins se préoccuper de la communauté des veilleurs que de la communauté qu’il sert : l’entreprise elle-même. Mais le déficit de connexion n’est pas toujours de son fait. C’est parfois - souvent ? - l’entreprise qui le laisse « à l’isolement », attendant de lui un produit final réalisé en autonomie et qui apporte LA solution. 

La veille n'est en fait qu'une étape pour faire circuler de l’information entre les créateurs de valeur de l’entreprise pour le compte du décideur final (qui peut être dans l'entreprise : le top management - ou en dehors : le client). La vraie valeur c’est donc L'INFORMATION CIRCULANTE, exploitée, travaillée, manipulée (au sens noble), échangée, mais aussi protégée lorsque c'est nécessaire...  C’est en fait de l’intelligence organisationnelle.

Et sur l’intelligence, il n’y a pas encore de droit d’auteur !

On aura l'occasion de revenir sur ces notions de manière pratique...

Actulligence, un site que je suis depuis longtemps