lundi 24 août 2015

Formation à l'intelligence économique : double compétence indispensable


Lors des différentes formations auxquelles je contribue, je suis souvent interrogé par de jeunes étudiants sur le meilleur cursus à suivre pour travailler dans le domaine de l'intelligence économique. Ma réponse est toujours la même. Elle s'appuie sur mon expérience, l'observation du "marché du travail" de l'intelligence économique et les retours "d'anciens jeunes" qui se sont engagés sur cette voie.

Clé de la réussite : La double compétence

Une formation à l'IE ne peut, selon moi, être envisagée que dans le cadre d'une double compétence :
J'ai rencontré de jeunes élèves ingénieurs qui suivaient en parallèle une formation à l'IE, ou bien des étudiants en écoles de commerce qui développaient le champ de leur compétence en se formant à la veille, à l'influence et la sécurité des entreprises. Ou encore, de jeunes informaticiens qui intégraient des formations à la cybersécurité, élargie à l'IE. Ces démarches ont du sens. Ces jeunes mettent ainsi toutes leurs chances de trouver un emploi dans le métier choisi. Et la formation à l'intelligence économique vient alors comme un appui à leur CV qui gagne en attractivité : ils montrent au futur employeur qu'ils abordent le monde de l'entreprise sans naïveté, armés d'outils qui leur permettront à la fois de maximiser les opportunités et de protéger l'information stratégique. Sacrée garantie !

En revanche, ceux qui n'ont choisi qu'une formation à l'intelligence économique (ou celles qui sous une appellation ou une autre s'en rapprochent) ont souvent du mal à trouver leur voie.

Je trouve choquant qu'ont puisse les inciter à une telle démarche, par ailleurs coûteuse, sans les éclairer sur les réalités du marché. 
D'autant plus qu'on voit souvent leurs yeux briller à cause de cette part de mystère qui entoure la matière - de manière bien injustifiée d'ailleurs. Aussi parce que l'on peut y côtoyer des formateurs dont le parcours et l'expérience peuvent faire rêver ; ceci a un âge et dans une société où on en a bien besoin.
Or les besoins des entreprises en spécialistes de l'IE exclusivement dédiés à cette mission ne sont pas légion, et de loin ! 
Le véritable défi pour la France, c'est que toute les entreprises, quelle que soit leur taille, intègrent l'IE.  Et qu'au sein de ces entreprises, celui qui la dirige en premier lieu, et le plus grand nombre de ses collaborateurs, aient cette sensibilité dans l'exercice quotidien de leurs missions. 
Comme le soulignait Claude Revel, l'intelligence économique est un mode de gouvernance pour l'entreprise.
C'est ce qui fait qu'elle est stratégique (souvent trop de distance sépare ceux qui se consacrent à l'IE des décideurs).

L'IE est par nature une fonction étroitement intégrée à l'entreprise. Si elle fait appel à des connaissances et des savoir-faire spécifiques, elle ne doit être vue comme un métier que de manière marginale : essentiellement au sein de grands groupes, postes occupés par des seniors connaissant bien les métiers et les rouages de l'entreprise où ils ont souvent évolués... aidés de quelques valeureux stagiaires. Mais après le stage ?... Qu'ils en soient avertis : les débouchés en IE seront rares !