lundi 22 juin 2015

COP21, une opportunité stratégique pour les entreprises Ecotech françaises !



Une très sérieuse étude de l’université de Stanford publiée ce 9 juin par la Royal Society of Chemistry envisage la possibilité d’une couverture des besoins énergétiques aux États-Unis à partir des énergies renouvelables : à 80% dès 2030 - à 100% en 2050 ! Optimiste sans doute, elle est à mettre en perspective avec la décision du Président Obama d’augmenter de près de 10% le budget du Department of Energy (DOE) en 2016. Parmi les objectifs, assurer le leadership américain dans le domaine des énergies propres. Et un outil au service de l’Administration US pour y parvenir : L’Advanced Research Project Agency - Energy (ARPA-E) – qui fait beaucoup penser à la puissante et efficace DARPA dans un autre domaine.

En  Europe, le leader est – là encore serait-on tenté de dire - l’Allemagne qui tient avec Enercon et Siemens PG le haut du pavé sur le marché de la construction d’aérogénérateurs (les éoliennes), au coude à coude avec le danois Vestas. Mais Enercon a un atout de poids : Il détient entre 30 et 40% de la totalité des brevets mondiaux déposés dans le secteur !

En France, le nucléaire longtemps hégémonique a été en défaveur de l’éolien et du solaire (mais c'est grâce au nucléaire qu'elle est massivement exportatrice d'électricité en Europe - 1 réacteur = environ 200 éoliennes, dont les capacités s'accroissent sans cesse avec des dimensions de plus en plus imposantes).
--> Pour approfondir la situation de l'éolien en France, lire ici un dossier très bien fait.

La France bénéficie pourtant du deuxième potentiel éolien en Europe après la Grande-Bretagne. Et que dire de ses capacités offshore ! Hélas, peu d’acteurs tricolores sont positionnés sur ce grand marché d’avenir (2 constructeurs sur les 70 acteurs mondiaux, très loin dans le classement). Pour dépasser les blocages environnementaux liés à l’impact sur les paysages côtiers et la complexité technologique d’ancrage au fond, la technologie de rupture se situe dans la capacité à les éloigner des côtes, « là où elles n’ont plus pied ». Ces éoliennes farshore flottantes seraient le vent de l’avenir. Areva, bien en difficulté sur le nucléaire, s’est alliée en mars 2015 avec l'espagnole Gamesa pour se développer sur ce segment porteur. Et lorsque l’on parle de production d’électricité, on doit penser stockage qui reste le point faible : Une startup bretonne, Ionwatt, soutenue par Pulse-EDF, développe une technologie innovante de batterie... Et se verrait bien conquérir l’Amérique. 

La France ne manque pas d’idées. Faut-il encore garder nos talents et réinvestir dans une industrie nationale comme les Allemands savent bien le faire ! Il est plus facile de conserver une usine qu’un cerveau, toujours prompt au voyage... Mais la France est-elle en ordre de bataille ? Se dote t-elle d’une sorte de war-room (voir le concept ici) comme les américains savent le faire avec l'ARPA-E ? Est-elle en capacité de mobiliser ses industriels (Engie semble prendre le tournant), son système de formation, ses universités (c’est le cas de Ionwatt), de fidéliser ses cerveaux "voyageurs", bref de susciter ce qu’il faut bien appeler du patriotisme économique ? Peut-être aussi simplifier les procédures administratives nécessaires à l’installation de ces grandes machines. COP21 (ou PARIS2015) est une occasion à ne pas manquer. L’intelligence stratégique et la capacité à manager de grands projets peuvent y aider. Tout en pensant à protéger son information stratégique !

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